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 Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL

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RTL 80-95
RadioScopien


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MessageSujet: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Dim 4 Aoû 2013 - 17:07

GENESE
 
La première transmission de la voix par téléphonie sans fil, ou radiodiffusion, eût lieu à Noël 1906 aux Etats-Unis, où naquit la première station du monde en 1920. L'année suivante, la radio débarque en France  où le général Ferrié lit chaque jour un bulletin météo et le cours de la bourse depuis l'émetteur militaire de la Tour Eiffel. Et c'est en 1922 qu'est lancée la première station privée française, Radiola, par Emile Girardeau, avec l'autorisation de l'administration tutélaire des P.T.T. qui obtiendra le monopole de la radiodiffusion l'année suivante. Radiola deviendra par la suite Radio-Paris.
Jusqu'au milieu des années 1920, le Luxembourg ne possède pas encore de station de radiodiffusion. Il est vrai que les auditeurs luxembourgeois profitaient déjà des programmes de leurs voisins français, belges, allemands et néerlandais. C'est seulement en 1925 qu'un commerçant en matériel radio de Luxembourg-Ville, François Anen, lance une station d'une puissance de 50W, "Association Radio-Luxembourg". Au programme : concerts symphoniques, concerts militaires, opéra, théâtre et conférences.
C'est alors qu'une société franco-anglaise projète l'installation d'un puissant poste de T.S.F. au Luxembourg, espérant y obtenir un monopole. Quand le projet sera connu de Raymond Poincaré, Président du Conseil, il interviendra auprès des autorités du Grand-Duché pour appuyer le projet d'installation d'une station dans laquelle les intérêts français seraient majoritaires et capable de faire échec à la propagande allemande. Emile Girardeau, administrateur de la Compagnie Générale de T.S.F. et de la S.F.R. (Société Française Radio-électrique), et également inventeur de Radiola, s'investit dans ce projet. En 1929 sont ainsi déposés les statuts de la S.L.E.R. (Société Luxembourgeoise d'Etudes Radiophoniques) par le Luxembourgeois François Anen et deux Français, Jean Le Duc (ingénieur à la Compagnie des Compteurs) et Henry Etienne (éditeur).
Deux mois plus tard, une entreprise concurrente, la C.N.R.L. (Compagnie Nationale de Radiodiffusion Luxembourgeoise) voit le jour sous l'impulsion de Jacques Trémoulet (patron de Radio-Toulouse). François Anen est impliqué également dans cette entreprise.
Une troisième candidature, celle de "Blue Star Radio" en 1930, ne reçut pas d'écho favorable (capital trop élevé, concession trop longue) et c'est finalement la S.L.E.R. qui convaincra les autorités grand-ducales.
En cette année 1930, l'Etat luxembourgeois fait cesser les émissions de l'Association Radio-Luxembourg (que la C.N.R.L. avait reprise) et créé un cahier des charges laissant une certaine liberté à la station mais s'octroyant cependant un droit de contrôle et se réservant le droit d'en racheter les installations à la fin de la 18ème année d'exploitation. Cette dernière sera financée par la publicité et les informations devront être impartiales.
La concession fut signée dès 1930, entre le directeur général des finances du Luxembourg, Pierre Dupong, et les deux administrateurs français, Henry Etienne et Jean Le Duc.
Le 8 juin 1931, la S.L.E.R. devient la C.L.R. (Compagnie Luxembourgeoise de Radiodiffusion), par renforcement du poids des Luxembourgeois au sein du Conseil d'Administration, et du poids dans le capital des industriels français (dont les quatre principaux sont la C.G.T.S.F., la Banque de Paris et des Pays-Bas, la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d'Usine à Gaz, et Havas). Quelques Belges et Luxembourgeois entrent aussi dans le capital.
Jacques Lacour-Gayet, recommandé par Emile Girardeau, devient le premier administrateur délégué aux affaires courantes de la C.L.R. en 1932. Emile Reuter, avocat, chef du gouvernement luxembourgeois de 1918 à 1925 puis Président de la Chambre, en sera le président. Quant à Henry Etienne, il sera remplacé dès 1932 par Jehan Martin au poste de directeur de Radio-Luxembourg (direction des programmes), avant même le début des émissions.
 
L'AVANT-GUERRE (1933-1939)
 
C'est le 15 mars 1933 que Radio-Luxembourg commence à émettre à titre expérimental, sur 1191 puis sur 1304 mètres. Avec une puissance antenne de 200 kW, c'est la plus puissante installation radiophonique jamais installée en Europe. L'émetteur se dresse à Junglister, à 17 km au nord-est de Luxembourg-Ville.
La station émet dans un premier temps de 19h à 23h avec au programme un concert instrumental suivi d'un concert de disques.
L'orchestre de Radio-Luxembourg donne des concerts quotidiens dès le 15 juillet. Cet été 1933, la diffusion quotidienne atteint 8 heures (12h à 14h puis 17h à 23h), et en fin d'année s'ajoute une demi-heure matinale. Un bulletin météorologique est lu à 19h40 et les informations en français à 20h50. Celles-ci sont fournies par l'agence Havas et lues par un speaker, le plus connu étant Pierre-Paul Le Clercq. Les informations sont européennes à 50%, et mondiales à 50%. La publicité, unique ressource de la station, est confiée à l'agence I.P. (Information et Publicité) qui, pour la France, propose des disques de spots publicitaires et, bientôt, des émissions patronnées par des marques. Avec plus de 90% des recettes, c'est le marché britannique qui financera essentiellement la station. Cette même année naît la redevance sur les récepteurs radio en France.
Chaque soirée de la semaine est d'abord consacrée à un pays (le lundi c'est la France, avec une majorité d'oeuvres françaises et des causeries en français). L'auditoire est, par ordre décroissant, d'abord allemand, puis hollandais, français, belge, britannique, luxembourgeois et enfin suisse. La programmation a l'ambition de faire partager la culture de chaque pays et la connaissance des peuples entre eux, en toute neutralité.
Les émissions religieuses (catholiques) apparaissent en 1934, elles dureront jusque 2000 !
A partir de l'été 1935, les soirées ne sont plus à thèmes nationaux, mais à thème de genres musicaux. Après le décès de Jehan Martin en 1935, René-Louis Peulvey qui lui succède à la direction de l'antenne cherche à s'attacher des fantaisistes populaires, comme Saint-Granier. Rapidement, de nombreuses émissions sont enregistrées en public. Beaucoup d'émissions apparaissent dans ce milieu des années 1930 : le "Passe-temps des dames et des demoiselles" (1936), la "Première audition", "l'Heure luxembourgeoise", "Bonjour le monde", la "Messe des malades", et les feuilletons. Les oeuvres diffusées sont essentiellement du 19ème siècle.
En 1936, la longueur d'ondes est portée à 1293 mètres.
C'est également en 1936 que Radio-Luxembourg rachète un ancien hôtel de passe à Paris situé au 22 rue Bayard, le "Panier fleuri". Dans la foulée, achat de la Villa Louvigny, à Luxembourg-Ville, qui deviendra le siège de la station dès 1937. Ces deux sites et l'émetteur de Junglister seront reliés par un câble des P.T.T.
A partir du 15 novembre 1937, l'émission devient continue, les programmes ne s'interrompant que pour la nuit.
En 1938, Radio-Luxembourg est une radio florissante, le déficit budgétaire des premières années étant enfin comblé. Les programmes sont encore très européens, avec des émissions et des informations en français, en anglais et en allemand. La musique classique, très présente au milieu des années 30, cède la place à des émissions variées en fin de décennie, mais règne encore en fin de soirée. Mais le bruit des bottes se fait entendre...
 
LA GUERRE (1939-1945)
 
Pour cause d'entrée en guerre, Radio-Luxembourg arrête ses émissions début septembre 1939 à la demande du gouvernement luxembourgeois. Seuls deux communiqués quotidiens sont diffusés par l'Etat luxembourgeois à 13h30 et 19h30 pour dispenser des conseils pratiques et revendiquer le soucis de neutralité du Grand-Duché. Ces communiqués cessent le 21 septembre, la longueur d'onde étant par la suite utilisée par une station appelée Radio Paris II. L'émetteur luxembourgeois, confisqué par les Allemands, est alors utilisé à des fins de propagande de l'été 1940 à début septembre 1944.
En exil à Londres, le gouvernement luxembourgeois s'adressera épisodiquement à ses concitoyens depuis la B.B.C. principalement, en soulignant son attachement à la France, puis le 22 mai 1944, il signe avec les Etats-Unis un accord de mise à disposition de l'émetteur au S.H.A.E.F., organisme chargé de la direction et du soutien des soldats débarqués en Europe en 1944, désireux d'émettre depuis le sol reconquis  pour hausser le moral des populations et saper celui de l'occupant. Abandonné par les Allemands lors de leur départ précipité du Grand-Duché le 9 septembre 1944, l'émetteur reprend ainsi du service dix jours plus tard pour communiquer des bulletins sur la déroute allemande et diffuser de la musique, notamment du jazz, musique interdite par le régime nazi. Les appels de soldats allemands à lâcher les armes se multiplient à l'antenne.
Au service de l'O.W.I. (Office of War Information) à la Libération, l'émetteur est restitué le 11 novembre 1945 par les Américains à la C.L.R.
 
L'AGE D'OR (1945-1955)
 
Dès le lendemain 8 heures, Radio-Luxembourg reprend ses programmes avec des moyens de fortune, l'état des installations limitant la puissance et ne permettant que 40 heures hebdomadaires, temps doublé au printemps 1946. Jacques Lacour-Gayet et René-Louis Peulvey reprennent leurs postes respectifs d'administrateur délégué et de directeur. A nouveau, la C.L.R. n'a plus d'argent en caisse et les quatre ou cinq premières années sont difficiles. Il ne fallait plus compter sur les Anglais pour renflouer la station et de toute façon, à une époque où il y avait plus de clients que de marchandises, la publicité n'avait plus de raison d'être. Mais grâce à la volonté et aux sacrifices du personnel, ainsi qu'à une augmentation du capital (passé de 15 à 25 millions de francs belgo-luxembourgeois grâce à la Banque de Bruxelles), la station finit par sortir la tête de l'eau.
C'est dans un contexte complètement nouveau que celle-ci redémarre ses diffusions. En effet, si on excepte Radio-Andorre (aux droits contestés) et Radio-Monte-Carlo (à la portée limitée), Radio-Luxembourg est le seul poste privé rescapé émettant vers la France, les autres ayant soit disparu, soit été nationalisés par la loi du 20 novembre 1944, la France ayant instauré un monopole de la radiodiffusion en vigueur à partir du 23 mars 1945. Radio-Luxembourg n'a plus comme concurrents que le Programme National, le Programme Parisien et, à partir de 1947, Paris-Inter, les trois stations de la R.D.F. (Radiodiffusion Française).
Radio-Luxembourg retrouve le ton et les émissions d'avant-guerre, déjà devenues peu à peu moins culturelles et plus populaires.
A cette époque arrive Louis Merlin, qui fournira les programmes via les "Programmes de France" et les annonceurs des émissions patronnées via I.P., le tout depuis Paris. La Radiodiffusion Nationale ne voulant plus des émissions d'avant-guerre, Louis Merlin les récupère pour Radio-Luxembourg. Ainsi débarquent le "Crochet", le "Ploum-ploum", le "Tribunal" et "la Famille Duraton" sur l'antenne luxembourgeoise. De nouvelles émissions complètent les programmes : "Reine d'un jour", "Arrêtez la musique"... Les émissions patronnées remplissent l'antenne, les concerts et le théâtre tempérant partiellement la frivolité des programmes. La plupart des émissions sont hebdomadaires.
En ce qui concerne les meneurs de jeux, on garde les valeurs sûres de l'avant-guerre : Ded Rysel (issu de Radio-Cité), Saint-Granier, André Claveau et Jean Nohain (ces deux derniers issus de Radio-Paris, Jean Nohain y étant entré en 1925 quand le poste s'appelait encore Radiola). Et de nouveaux noms apparaissent : Zappy Max, et Christiane, la future égérie du "Passe-temps des dames et des demoiselles", toujours diffusé. Marcel Fort et Jean-Jacques Vital connaîtrons aussi leurs heures de gloire à cette époque.
Dans le domaine de l'information, un embryon de rédaction voit le jour en 1948 autour du journaliste Jean Grandmougin qui assurera ses journaux - ses éditoriaux - jusque 1962. Apparaît aussi l'équipe de "Dix millions d'auditeurs", groupée autour de son rédacteur en chef Michel Ferry, et mêlant actualité, informations de services et reportages. Une sourde rivalité naît bientôt entre Grandmougin et l'équipe de "Dix millions d'auditeurs". Toujours dans le domaine des informations, mentionnons Geneviève Tabouis, qui, à partir de 1949, spéculera sur notre avenir avec une rare clairvoyance à partir d'indiscrétions politiques dans sa chronique "Les dernières nouvelles de demain". Elle a conservé une chronique jusqu'en 1981, elle avait alors 88 ans ! La voiture de reportage apparaît en 1951. Havas étant devenue l'Agence France-Presse, c'est désormais à une agence de presse étrangère que se fournit la rédaction, dans un soucis d'indépendance.
L'émetteur de Junglister, relié à la Villa Louvigny par un câble souterrain de 17 km et qui n'émettait jusqu'alors qu'en grandes ondes sur 1293 mètres grâce à ses 200 kW, émet également à partir de 1950 sur ondes moyennes (208 mètres) ainsi que sur ondes courtes (49 mètres) à partir de 1953. Est-ce ce déploiement qui a permis à la station de recentrer ses émissions en grandes ondes sur des programmes français ? Ou fusse le cas dès 1945 ? Je n'ai pas trouvé de documents sur ce point.
La grande aventure du Radio-Circus commence en 1949. Sous son chapiteau sont présentés le "Crochet", "Emportez-le avec vous" et le "Quitte ou double" (patronné par l'Oréal et son produit phare, le shampooing Dop). Zappy Max anime ces jeux, avec son accent de titi parisien. C'est dans le Radio-Circus que l'abbé Pierre empochera 512.000 F pour les Compagnons d'Emmaüs qu'il est en train de fonder, grâce au "Quitte ou double", et ce un an après son appel au secours des sans-abris sur Radio-Luxembourg le 1er février 1954. Le Radio-Circus durera dix ans.
Pour 1954 est édité le premier almanach Radio-Luxembourg (édité tous les ans jusque 1966). Cette même année, Robert Tabouis, le mari de Geneviève Tabouis, succède à Jacques Lacour-Gayet, qui vient de décéder, au poste d'administrateur délégué.
C'est à cette époque que la C.L.R. se lance dans l'aventure de la télévision et change de nom le 1er juillet 1954 pour devenir la C.L.T. (Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion). Télé-Luxembourg est inauguré le 23 janvier 1955.
Mais l'évènement majeur de la décennie est extérieur à la C.L.T. ...
 
LA CONCURRENCE D'EUROPE N°1 (1955-1966)
 
En effet, après un faux départ le 1er janvier 1955, une nouvelle station périphérique commence ses émissions trois mois après. C'est Europe n°1, dont l'émetteur est installé dans la Sarre (Allemagne Fédérale) pour contourner la loi sur le monopole de la radiodiffusion, les émetteurs situés à l'étranger étant seuls autorisés à émettre, disposition dont profitaient déjà les autres stations implantées en périphérie du territoire (Radio-Luxembourg, Radio-Andorre et Radio-Monte-Carlo).
Louis Merlin, qui a démissionné des Programmes de France et de Radio-Luxembourg fin 1953, est le directeur d'Europe n°1 ! Dès lors, il mène une politique à l'opposé de celle qu'il préconisait sur Luxembourg : sur Europe n°1, pas d'émission patronnée, davantage de musique, et surtout un ton nouveau, plus convivial, à l'opposé du ton claironnant et un brin prétentieux des speakers.
Cependant, fort de sa position, Radio-Luxembourg ne change rien à ses programmes, saturés de feuilletons, de jeux populaires - voire populistes - et d'émissions patronnées. Cet immobilisme, du aux habitudes des auditeurs et au poids des annonceurs, fait le désespoir du nouveau directeur d'antenne, Jean Luc, qui a succédé à Louis Merlin.
Il n'y a que dans le domaine de l'information que les choses bougent. Fin 1958 est ainsi nommé un directeur du journal parlé, Pierre Jeancard, responsable des 16 bulletins quotidiens. Michel Moine lui succédera deux ans plus tard (ce dernier commencera une politique de conservation d'archives sonores.) Luxembourg se rapproche aussi de la presse écrite (contrat avec France-Soir en 1957, avec le Progrès en 1964, avec le Figaro en mars 1966). Des incidents éclatent entre le gouvernement français et la rédaction. Le gouvernement va jusqu'à faire placer un journaliste de la R.T.F. (Radio-Télévision Française, le nouveau nom de la R.D.F.) dans la salle de rédaction au cours de la crise de Suez; et en 1960, le câble reliant Paris à Junglister est coupé pendant près de deux heures. Début 1962, suspecté de sympathie avec l'O.A.S., Jean Grandmougin est arrêté par la police puis, à l'issue d'une réunion de la rédaction le 25 mai 1962, il est évincé définitivement.
A partir de 1960, pour faire comme Europe n°1, les flashes d'informations sont diffusés toutes les heures pleines; ceux-ci sont annoncés à partir du 1er octobre 1964 par le fameux top horaire composé par Michel Legrand, et qui sert toujours d'indicatif à la station, bien que remanié à deux reprises. C'est aussi à cette époque qu'est tissé un réseau de correspondants régionaux (38 correspondants en régions - dont 10 munis d'appareils d'enregistrements - auxquels s'ajoutent 24 correspondants à l'étranger).
En 1963, les sondages restent favorables à Radio-Luxembourg avec un score d'audience de 45%, les trois stations de la R.T.F. cumulant 27%, Europe n°1 20% et Radio-Monte-Carlo 7%. Cette année-là, Jean Le Duc succède à Robert Tabouis au poste d'administrateur délégué (et président d'Ediradio, la société exploitant la station).
En 1964, le vénérable "Passe-temps des dames et des demoiselles" est supprimé, il datait de 1936 !
Cette année-là est mis en service le nouvel émetteur grandes ondes, l'un des plus puissants du monde, qui émet sur 234 kHz. La station amorce sa mutation, les meneurs de jeux succédant aux speakers, et le sigle "Radio-Télé-Luxembourg" se fait de plus en plus présent.
En 1965, le gouvernement français tente, à l'approche des élections présidentielles, de contrôler Radio-Luxembourg en faisant entrer la SOFIRAD (Société Financière de Radiodiffusion) dans son capital. Celle-ci possède déjà 80% de Radio-Monte-Carlo, 97% de Radio-Andorre et 46% d'Europe n°1. Mais le gouvernement luxembourgeois ne s'en laisse pas compter et menace de racheter les installations de la station, disposition prévue au cahier des charges de 1930. L'affaire en restera là.
Après l'échec de la SOFIRAD, la C.S.F., désireuse de se séparer de ses actions dans la C.L.T., se rapproche du groupe de Jean Prouvost (Lainières de Roubaix, Paris-Match, Marie-Claire...); celui-ci se porte alors acquéreur des parts de la C.S.F. et remplace Jean Le Duc au poste d'administrateur délégué le 17 mai 1966. Le mois suivant, les sondages révèlent un brusque effondrement de l'auditoire : avec une chute de 18% en un an, Radio-Luxembourg (avec 30,5%) se fait pour la première fois distancer par Europe n°1 (34,3%) ainsi que par France-Inter (35,2%) ! Les sondages révèlent aussi la nature de l'auditoire des deux rivales privées : plutôt rural et d'âge mûr pour Luxembourg, plutôt jeune et urbain pour Europe.
Une page va se tourner...
 
NAISSANCE D'R.T.L. (1966-1980)
 
Malgré ses 80 ans, Jean Prouvost ne nourrit aucune nostalgie vis-à-vis de Radio-Luxembourg. Désireux de simplifier l'organisation de la maison, il supprime les "Programmes de France" et confie l'antenne à Jean Farran, auditeur d'Europe n°1, et à Raymond Castans, chargés de dépoussiérer les programmes. Dès début octobre 1966, l'information est renforcée avec sept journaux quotidiens, des flashes spéciaux et l'arrivée de Jean Ferniot, Bernard Clavel, Roger Priouret... Dans la foulée, les feuilletons disparaissent, y compris "la Famille Duraton" (âgé de 29 ans); seuls deux d'entre-eux survivent pour peu de temps ("Pulchérie chérie" et "Julie Crèvecoeur"). Subsistent aussi deux anciennes émissions, "l'Homme des Voeux" et "l'Air mystérieux". C'est tout. Tous les meneurs de jeux de la décennie précédente sont remerciés. C'est le 11 octobre que Radio-Luxembourg prendra officiellement le nom d'R.T.L. (Radio-Télé-Luxembourg). Le nouveau sigle se fait de plus en plus présent mais mettra longtemps à s'imposer aux auditeurs qui, pendant encore dix ou quinze ans, écouteront "Luxembourg" !
Désormais, priorité est donnée aux émissions en direct, plus aucun texte ne doit être lu, la musique tiendra compte des goûts réels du public, les auditeurs seront de plus en plus sollicités par téléphone et de nombreuses émissions de service  aideront maintenant l'auditeur ou l'auditrice dans sa vie de tous les jours. La nouvelle direction veillera également à une continuité des nouveaux programmes (on changera une émission ou un animateur, mais pas les deux à la fois).
Le "Journal inattendu" naît en ce mois d'octobre 1966, une personnalité (écrivain, artiste...) en est le rédacteur en chef.
Les évènements de mai 1968 consacreront l'impartialité de l'information d'RTL et Europe n°1, face à France-Inter muselée par le gouvernement, ainsi que leur efficacité grâce à leurs voitures de reportage.
La nouvelle direction fait également appel à de nouvelles voix qui, pour la plupart, resteront à l'antenne pendant plus de 20 ans, voire 30 ou 40 ! La toute jeune RTL hérite déjà de Maurice Favières, Fabrice, Evelyne Pagès, Jean Breton et Maurice Bernardet, rescapés de Radio-Luxembourg. Pour étoffer son équipe d'animateurs, Jean Farran profite de la notoriété de la télévision (Georges de Caunes, Anne-Marie Peysson, Léon Zitrone) ou de signatures de la presse écrite (Philippe Bouvard, Ménie Grégoire).
 
Passons-en quelques-uns en revue, par ordre d'ancienneté...
- Maurice Bernardet est le spécialiste hippique de la station depuis 1951. Jusque 1987, il livrera ses pronostiques, en alternance avec Serge Bazola ou Bernard Glass. Son fils Jérôme a repris le flambeau.
- Guy Kédia sera le grand journaliste sportif de 1962 à 1998, partageant l'antenne avec Bernard Roseau, Christian Ollivier ou Jean-Michel Rascol.
- Jacques Chapus, reporter arrivé à Radio-Luxembourg en 1962, présente le journal de 18h de 1977 à 1991 à un rythme effréné, puis conserve une chronique le week-end pendant une dizaine d'années.
- Jean Breton est l'ingénieur météo de Radio-Luxembourg depuis 1963 (ou 1960 ?). Cet Alsacien donnera ses prévisions météorologiques jusque 1995, depuis Strasbourg, en alternance avec Jean Minier.
- Maurice Favières est entré à "Luxembourg" en 1965. Il réveillera bientôt les auditeurs des Petits matins dans un nouveau style "music & news", alternant infos pratiques, météo, disques, flashes info et petits jeux pour gagner une montre RTL, et ce jusque 1987, en alternance avec Jean-Pierre Imbach (sur RTL de 1970 à 1990, lui). Le premier animera généralement en semaine, le second le week-end.
- Après des débuts timides en 1965 également, Fabrice connaîtra la consécration avec RTL, animant différentes émissions de jeux dans un style gai et détendu bien en phase avec la nouvelle orientation des programmes. Un temps appelé "l'Empereur" du temps de son duo avec Sophie Garel, il ne prendra sa retraite qu'en 2000, au désespoir de millions d'auditeurs.
- Evelyne Pagès, la "Evelyne" de Radio-Luxembourg, charmera les auditeurs de sa voix d'or de 1965 à 1997. Dans son émission "Grand format", elle poussera ses invités à la confidence.
- Jean Rignac sera l'astrologue d'RTL de 1967 à 1989, donnant chaque jour de sa voix nasillarde l'horoscope du jour, complété de son 13ème signe, le Serpentaire.
- Ménie Grégoire, débarquée sur RTL en 1967, inaugurera le style "confessions" et prodiguera aux auditrices des conseils à l'antenne, par téléphone, basés sur la psychanalyse et le bon sens, jusque 1981. Elle conservera une chronique jusque 1986.
- Philippe Bouvard arrive à RTL en 1967. Issu du Figaro, il est dans un premier temps chargé de couvrir l'actualité parisienne avant de se voir confier RTL non-stop où, de 1968 à 1974, il cuisinera les vedettes de la chanson avec l'humour qu'on lui connaît. C'est bien sûr avec ses "Grosses têtes" qu'il connaîtra la consécration, et à l'heure où j'écris ces lignes, le doyen de la station (il est né en 1929) est toujours à l'antenne !
- Toujours à l'antenne aussi, le Belge André Torrent fait un bref passage à RTL en 1967/68 et y revient définitivement en 1972 après quelques années à R.M.C. Ce sera le grand spécialiste des variétés et il animera son "Hit-parade" tous les soirs dans les années 70, avant de passer à "Challenger", puis au "Stop ou encore", et enfin aux Petits matins depuis 1987.
- Anne-Marie Peysson, ancienne speakerine de la télévision, arrive sur RTL en 1968. Elle anime une émission le matin pendant toutes la décennie 1970 et se verra confier des émissions de service l'après-midi la décennie suivante. Très professionnelle, elle quittera la station en 1990.
- Max Meynier arrive à RTL en 1969. En 1972, on lui confie une émission en partenariat avec Calberson : "Les routiers sont sympa". Devenu LE porte-parole des routiers, ce Lyonnais animera un temps "Les routes du bout du monde", une des meilleures émissions de l'histoire d'RTL, au cours de laquelle il donnera la pleine mesure de son talent, avant de renouer avec ses routiers en 1983 avec "Fréquence Max".
- Dernier vétéran toujours en piste, Georges Lang, lorrain arrivé sur RTL en 1971, créateur des "Nocturnes" en mai 1973 et membre de "WRTL", cette radio dans la radio née en 1979/1980 comprenant les émissions d'inspiration américaine diffusées le week-end et animées par Bernard Schu, Dominique Farran, Sam Bernett, Jean-Bernard Hebey, Lionel Richebourg, Jean-François Johann... Georges Lang a longtemps animé ses émissions depuis Luxembourg, avant de devoir rejoindre Paris en 2001. Il semble chuchoter à l'oreille de son auditeur, avec sa voix chaleureuse.
 
Ces premières années de RTL furent la grande époque pour Jean Yanne et Jacques Martin qui rivalisaient d'un humour décapant et décalé dans leurs émissions respectives.
Pour tenter de concurrencer "Salut les copains", l'émission d'Europe 1 qui rafle tout l'auditoire jeune à 17h, RTL engage un disc-jockey vedette de Radio-Caroline, la première radio pirate britannique. C'est le "Président Rosko". Dans son "Minimax" de 16h à 18h, il diffuse des disques intercalés entre de nombreux jingles, dans un ton préfigurant les futurs programmes de la bande FM des années 80. L'émission sera éphémère, juste le temps de digérer mai 68. A l'opposé, pendant midi, le "Tirelipot" rappelle les émissions des années 50. Dans cette ultime émission patronnée qui s'arrêtera en 1969, le jeu consistait à trouver un verbe caché et chaque mauvaise réponse augmentait le contenu d'une tirelire.
Les jeux restent cependant très présents à l'antenne. La "Valise" apparaît le 5 août 1974. Pendant plus de 30 ans, un Français appelé au hasard par téléphone remportera la somme annoncée à l'antenne... à condition bien-sûr qu'il soit à l'écoute ! A l'heure du déjeuner, Michel Drucker animera la "Case trésor" puis la "Grande parade" dans la grande tradition des jeux de midi.
Enfin Jean Farran et l'équipe des variétés (Roger Kreicher, Monique le Marcis) remettent également d'anciennes émissions disparues au goût du jour. Le "Stop ou encore" d'abord, apparu en 1970, est une adaptation des "Disques à la demande". Les auditeurs peuvent écouter jusqu'à 7 titres d'un même artiste tant que les suffrages téléphoniques dépassent 50% de "encore". Les"Grosses têtes" ensuite sont inspirées des "Incollables", émission lancée par le Poste Parisien en 1937. Philippe Bouvard restera à jamais associé à cette émission, inaugurée le 1er avril 1977.
Autre grande émission, autre grande voix, également indissociables l'une de l'autre : "les Routiers sont sympa" et Max Meynier. Relayée par R.M.C. et Sud-Radio, l'émission née en mai 1972 fait partager aux auditeurs les conditions de vie des routiers roulant la nuit et tente de les dépanner quand l'un d'eux téléphone, faisant jouer la solidarité de la corporation. L'émission durera jusque 1981, Max étant définitivement consacré porte-parole des routiers. Un soir de 1974, Max aura la surprise de voir débarquer un individu armé d'une grenade dans son studio, exigeant de lire un message politique à l'antenne. Max saura gagner sa confiance et le terroriste des ondes sera interpellé sans dommage. Max quittera RTL en 1994 après 25 ans de "maison", pour raisons de santé.
La décennie 1970 voit aussi le relookage du 22 rue Bayard, le bâtiment s'offrant début 1972 une nouvelle façade dessinée par l'artiste Vasarely. On y retrouve les ondes concentriques du logo RTL de l'époque. (Pour l'anecdote, Vasarely dessina la même année le losange que porteront toutes les Renault les vingt années suivantes.)
En 1973, la création des Nocturnes permet une diffusion continue des programmes 24 heures sur 24.
Côté direction, Christian Chavanon succède à Jean Prouvost en 1975; il quittera son poste en 1978 et ce n'est qu'en décembre 1979 que sera nommé le nouveau président d'Ediradio-RTL, Jacques Rigaud. Jean Farran quittera RTL également en 1978, remplacé par Raymond Castans au poste de directeur des programmes. Le slogan publicitaire de l'époque est "RTL, c'est vous".
Ces évolutions permettent à RTL de rattraper son retard sur Europe 1 tout en gardant le style d'une radio populaire adaptée à l'air du temps. Fin 1974, la station reprend la tête de l'audience pour la première fois depuis neuf ans. Redépassée en 1977, puis en 1979 par Europe 1, RTL allait bientôt reprendre la première place durablement au début des années 80 grâce à une exemplaire stabilité des programmes et des animateurs...
 
LES "VINGT GLORIEUSES" (1980-2000)
 
Entre 1981 et 1982 se met en place une grille qui ne bougera pratiquement pas jusque 2000.
Après les jeux de Maurice Favières ou Jean-Pierre Imbach, le journal non-stop démarre à 7h avec Jean-Claude Larrivoire, relevé par Jean-Jacques Bourdin à 8h. A 8h30, Patrick Sabatier (au micro d'RTL depuis 1977) offre "Une journée pas comme les autres" à l'auditeur gagnant. Fabrice prend le relais à 11h avec "Casino-Parade", émission en public dans la grande tradition des années 50 avec des jeux et des chansons interprétées en direct par la vedette invitée. A 13h Henri Marque présente son journal de sa voix rauque, suivi à 13h30 par Alain Krauss avec lequel "Les auditeurs ont la parole". Sa femme, Anne-Marie Peysson, le seconde dans cette cession où les auditeurs s'expriment sur un sujet d'actualité, puis elle poursuit seule à partir de 14h avec une émission basée sur la solidarité des auditeurs, "Et pour vous qu'est-ce qu'on peut faire ?". A 16h30, Philippe Bouvard prend l'antenne avec ses indéboulonnables "Grosses têtes" (émission enregistrée). 18h, c'est le journal de Jacques Chapus, très dense, enrichi de ses "indiscrets". Puis Julien Lepers, un nouveau venu issu de R.M.C., oppose des chansons anciennes à des chansons récentes dans son "Challenger" de 18h30 à 20h30, heure à laquelle Max Meynier prend l'antenne pour "Les routes du bout du monde", puis "Fréquence Max" à partir de 1983. L'émission est coupée par le journal de 22h. Puis à 23h, l'antenne est livrée aux délires de Francis Zégut (sur RTL depuis 1976 mais au micro depuis 1980 seulement) avec son "Wango-tango". A minuit, Georges Lang anime ses "Nocturnes" depuis la Villa Louvigny, car depuis les années 50, une quarantaine d'heures hebdomadaires doivent être, par convention, animées depuis le Grand-Duché pour préserver l'identité luxembourgeoise de la station. En fin de nuit, des variétés, et pour finir, des causeries religieuses (15 à 30 minutes selon les jours).
Le week-end, on retrouve "Stop ou encore" de 9h15 à 13h, le "Journal inattendu" le samedi à 13h, le "Hit-parade" d'André Torrent le dimanche, "Saga" et le concert de l'orchestre symphonique de RTL le dimanche à 21h, présenté par Pierre Petit. Les journaux de 13h et 18h sont présentés par Jean-Pierre Tison, un féru de culture. Le dimanche soir, le "Grand-jury RTL-Le Monde", né le 3 octobre 1980, devient vite une institution. Il sera longtemps dirigé par Olivier Mazerolle, arrivé à RTL en 1980 également, et qui deviendra directeur de l'information de 1986 à 2001.
L'été, le jeu "3 mots pour une chanson" fera les beaux jours de "RTL vous offre vos vacances", émission matinale agrémentée d'une riche météo des plages, cette dernière étant réactualisée en début d'après-midi.
Des émissions changeront de nom ou de principe, des animateurs seront remplacés, mais globalement la grille restera stable jusque l'été 2000. Seule tendance : l'information prend une place croissante et les journaux grignotent peu à peu les autres émissions, malgré la disparition du journal de 22h.
Malgré la loi du 29 juillet 1982 mettant fin au monopole audiovisuel et ayant engendré une prolifération de stations privées sur la bande FM (locales, régionales et nationales), RTL ne cessera de monter dans les sondages, redevenant 1ère radio de France en 1982, son taux d'audience devenant même deux fois supérieur à celui d'Europe 1 dès 1986.
En 1982, le gouvernement tentera de faire sauter Philippe Alexandre dont les chroniques politiques incisives indisposent le pouvoir, puis l'administrateur délégué Jacques Rigaud deux ans plus tard. Le premier se défendra tout seul brillamment, puis défendra Jacques Rigaud dans une chronique sans équivoque à l'égard du gouvernement. Jacques Rigaud est secondé à partir de 1985 par Philippe Labro, qui succède à Raymond Castans à la tête des programmes. Labro poursuivra la politique de stabilité de son prédécesseur, n'apportant des nouveautés "que par petites touches constantes mais imperceptibles" comme il le dit lui-même. Seule Ménie Grégoire sera remerciée en 1986.
RTL accède à la bande FM en 1985, les nouveaux émetteurs étant implantés à partir de l'année suivante, ce qui permet à la station d'étendre sa zone de diffusion - jusqu'alors limitée au nord d'une ligne Nantes-Lyon - à tout le territoire.
En mars 1985, un infarctus oblige Max Meynier à lever le pied; pendant ses neuf dernières années à RTL, il servira de jockey, remplaçant épisodiquement les animateurs indisponibles. Francis Zégut animera désormais les soirées dès 20h30, proposant de la musique anglo-saxonne sur un ton branché et amical.
Gros jeu des chaises musicales pour la rentrée 1987 : le départ de Maurice Favières entraine l'arrivée d'André Torrent aux Petits matins, le "Stop ou encore" étant alors confié à Julien Lepers, lequel abandonne le "Challenger" à Groucho & Chico.
En 1988, Nagui débarque sur RTL, son humour régalera les auditeurs pendant 18 années.
Les années 90 voient l'apparition de "petites soeurs" d'RTL : Bel-RTL naît en Belgique en 1991 et RTL2 en France quatre ans plus tard.
Le milieu des années 90 verra la disparition de l'orchestre symphonique de la station, fondé dès 1933. Dès lors, Alain Duault, qui a remplacé Pierre Petit en 1989, propose une émission alimentée désormais par des disques.
Les soirs d'été, Thierry Debrune, en alternance avec Gilles Bojan et Olivier Pin, propose une rétrospective très complète sur les années 80, saison par saison, avec des disques d'époque. Cette sympathique émission durera une dizaine d'années.
Cette période voit aussi l'essor d'internet. Le site RTL.fr est lancé en 1997, et Zégut lance la même année une émission consacrée à cette nouvelle technologie.
Grâce au ton de la station, à la personnalité des animateurs, à la qualité des émissions et des habillages (dont la confection est confiée à l'artiste maison Gaya Bécaud, le fils de Gilbert, depuis 1982), RTL finira le siècle sereinement, les piliers des débuts d'RTL étant progressivement remplacés lors de leur départ en retraite par de jeunes animateurs prometteurs, parmis lesquels Vincent Perrot (arrivé vers 1993), Stéphane Boudsocq (qui remplace en 1996 Max Lafontaine pour des "Petits matins" nouvelle formule), Eric Jean-Jean (1998)...
En 1991 prend fin le monopole de la C.L.T. Par le jeu de nombreuses fusions et transferts de capitaux, la maison-mère deviendra la CLT-UFA en 1996, puis RTL-Group au tournant du siècle. A ce moment, le statut de RTL changera, la station devenant une société à directoire et conseil de surveillance.
Mais personne ne voit venir ce qui se prépare...
 
LES ANNEES 2000
 
En 2000 s'achèvent les mandats de Jacques Rigaud et de Philippe Labro, remplacés par Rémy Sautter et Stéphane Duhamel. Ce dernier prend les rênes des programmes et annonce son intention de reconquérir l'auditoire jeune, pour désamorcer une légère baisse dans les sondages et faire plaisir aux annonceurs, les jeunes étant plus influencés par la publicité. S'inspirant de l'opération "octobre 1966", il vire sans ménagement les anciens de la station : Philippe Bouvard fin juin et Georges Lang à la mi-décembre, Fabrice ayant décidé de quitter RTL de lui-même à l'été (il quittera l'antenne le même jour que Jean-Jacques Bourdin). Seul rescapé : André Torrent. Le "Stop ou encore", âgé de 30 ans, fera également les frais de l'opération "rajeunissement", de même que les émissions religieuses en fin de nuit. Comble de malchance, l'astrologue Didier Derlich décède en août, privant la station d'horoscope jusqu'en fin d'année. Pour septembre, Duhamel féminise l'antenne et remplit la grille d'émissions présentées par des vedettes télégéniques : Julien Courbet, Laurent Boyer et Christophe Dechavanne, ce dernier héritant des "Grosses têtes" ! Mais cette fois, les auditeurs ne l'entendent pas de cette oreille et, après avoir vainement protesté en masse, ils fuient RTL par centaines de milliers. En janvier 2001, RTL a déjà perdu deux millions d'auditeurs en seulement quatre mois, une chute d'audience inégalée dans toute l'histoire de l'audiovisuel en Europe ! La fuite des auditeurs profite essentiellement à Europe 1, où Bouvard a d'ailleurs trouvé refuge chez Laurent Ruquier, son ancien concurrent. Devant le désastre, Stéphane Duhamel estime "qu'il n'est pas évident de rompre les habitudes, surtout avec des auditeurs pantouflards", et juge le comportement de ces derniers "irrationnel". On prend alors des mesures d'urgence : Duhamel est écarté, tandis que Lang et Bouvard sont rappelés par le nouveau directeur des programmes, Robin Leproux. L'hémorragie est stoppée, mais la remontée dans les sondages sera laborieuse.
Nouveau coup dur à la rentrée 2001 : Francis Zégut quitte RTL pour RTL2, les soirées étant alors livrées au seul ballon rond, trois heures de parlottes quotidiennes sur le football imposées aux auditeurs. Un parti-pris économique. En même temps, les jeunes animateurs issus de la télévision sont consacrés dans de nouvelles émissions appelées à durer : Julien Courbet le matin avec "Ca peut vous arriver" (qui tente de régler les litiges subis par des auditeurs) et Laurent Boyer l'après-midi avec "La tête dans les étoiles".
"Laissez-vous tenter" apparaît aussi à la rentrée 2001, un grand magazine culturel après le journal du matin, et RTL ressort des cartons pour un temps l'antique "Quitte ou double", présenté par Jean-Pierre Foucault.
Nouvelle et heureuse recrue en 2003 : Laurent Gerra, le meilleur imitateur de tous les temps, propose une chronique matinale quotidienne.
En 2005, RTL est la première radio à proposer la réécoute d'émissions ("podcasts") sur son site internet. Ce milieu de la décennie voit aussi la résurrection du "Stop ou encore", la disparition de la "Valise" dans l'indifférence la plus complète (victime du sketch de Jean-Marie Bigard) - celle-ci continuant toutefois sur Bel-RTL -, le départ de Nagui et le retour en tête des sondages d'RTL (fin 2006), talonnée cette fois non plus par Europe 1, mais par NRJ.
Trois tendances se dessinent durant ces années. D'une part la prolifération des émissions de débats de polémistes, critiques et retours sur l'actualité : "On refait le monde / le match / les courses / la télé / la semaine...". On notera d'autre part une interactivité avec les auditeurs poussée à l'extrême, ceux-ci étant sollicités pour donner leur avis jusque dans les journaux d'informations, du genre "beau temps sur la France, appelez-nous pour nous raconter". La demi-heure originelle des "Auditeurs ont la parole" a même été triplée le temps de quelques saisons. Enfin, la station se penche de plus en plus sur son passé, proposant de nombreux extraits issus de ses archives sonores à l'occasion de chroniques ("Ce jour-là sur RTL"), voire d'émissions entières consacrées à la station elle-même et à son histoire ("RTL et vous", "les Grosses têtes dans la nuit des temps", et surtout "Quarante ans ensemble" qui, tout au long de la saison 2006/2007, revint sur l'histoire d'RTL le dimanche).
On notera aussi avec regret la disparition de la météo des plages à l'été et celle de la musique classique en 2011, un rendez-vous hebdomadaire depuis 1957, (la "radio de toutes les musiques" ayant trois heures quotidiennes à consacrer au football, mais ne pouvant plus se permettre une heure par semaine de classique...) et on notera avec bonheur les apparitions successives d'une enrichissante émission de jeu historique le week-end ("Le grand quiz des histoires de France"), celle d'Eric Zemmour qui livre son point de vue au total mépris du "politiquement correct" et enfin celle de Flavie Flament pour son excellente émission rappelant la belle époque d'Anne-Marie Peysson.
En dépit du défilé des directeurs d'antenne qui se succèdent tout le long de cette première décennie du siècle, la grille des programmes reste stable, l'accident de l'été 2000 restant dans les mémoires.
Et pour finir, signalons le décès le 25 octobre 2009 du doyen de la station, Remo Forlani, entré à Radio-Luxembourg en... 1954 !

RTL AUJOURD'HUI (saison 2014-2015)

Où en est-on aujourd'hui ? Depuis 2005, la matinale commence à 4h30, week-end compris. La musique a presque totalement disparu de la session des "Petits matins" en semaine, au profit de l'info et de chroniques en continu. C'est d'ailleurs un journaliste qui a cette tranche en charge depuis 1996, et en ce moment c'est Stéphane Carpentier qui s'y colle. Yves Calvi prend le relais à 7h pour son journal non-stop, "RTL matin", s'achevant par "Laissez-vous tenter", le rendez-vous de l'actualité culturelle de 9h à 9h30.
C'est donc à 9h30 que la journée commence, avec le retour de la musique et Julien Courbet qui vient au secours des arnaqués avec beaucoup d'humour. A 11h, Stéphane Bern prend l'antenne avec son invité.
Le journal de la mi-journée, avancé à 12h30 en 2002, est présenté par Christelle Rebière et Vincent Parizot, lesquels poursuivent avec "Les auditeurs ont la parole", un rendez-vous immuable depuis plus de 30 ans. A 14h, Jacques Pradel revient sur une affaire criminelle, puis cède la place à Flavie Flament qui traite d'un sujet de société avec un spécialiste. A 16h, les "Grosses têtes", augmentées d'une demi-heure en 2006, sont confiées depuis la rentrée 2014 à Laurent Ruquier, débarqué spécialement d'Europe 1 pour remplacer Philippe Bouvard qui animait l'émission depuis 37 ans !
Marc-Olivier Fogiel prend ensuite les rênes d'"RTL-soir", le journal de 18h, prolongé par "On refait le monde", une heure de débat tumultueux entre polémistes lors de laquelle toutes les idées se confrontent sur quelques sujets d'actualité. Du lundi au jeudi, les soirées sont ENFIN débarrassées du foot, et une enrichissante émission abreuve les auditeurs désireux de parfaire leur culture générale. Ceci nous mène au journal de 22h qui fait son retour après 12 ans d'absence, et l'ami Georges Lang prend l'antenne à 23h, jusque la rediffusion des "Grosses têtes" à 3h. Hélàs, les "Grosses têtes dans la nuit des temps" n'ont pas survécu à la rentrée 2014, c'est mon grand regret !

Le week-end, la voix familière d'André Torrent nous réveille avec bonne humeur depuis 2001 avec son "Torrent de musique", et dès 7h, le journal non-stop démarre avec Bernard Poirette aux commandes depuis 2000. Un brin paternel avec ses chroniqueurs, ce sympathique journaliste dépassé par le modernisme a acquis une telle popularité que sa session a été prolongée jusqu'à 10h10, réduisant le "Stop ou encore" de Vincent Perrot à la portion congrue (1h20, contre 3h45 dans les années 90 !). A 11h30, Philippe Bouvard a trouvé refuge dans une nouvelle émission au cours de laquelle il échange son point de vue avec un auditeur sur le sujet d'actualité choisi par ce dernier, avec l'esprit qu'on lui connaît. Le samedi, c'est ensuite le "Journal inattendu" et le dimanche Philippe Robuchon, qui a fait son retour à l'antenne, présente celui de la mi-journée terminé par "Les livres ont la parole". Puis "Ca ne manque pas d'airs", l'émission de jeu estivale ayant remplacé "RTL vous offre vos vacances", s'installe à la place de la regrettée émission de jeu historique.
A 15h, Eric Jean-Jean anime son "Grand studio" le samedi (anciennement "Studio 22"), tandis que Marie Ducker réadapte l'ancien "Grand format" dans ses "Essentiels" le dimanche. De 16 à 18h, rediffusions des "Grosses têtes", journal de Robuchon à 18h, puis le samedi foot, Eric Jean-Jean à 23h et rediffusions dès 1h (les "Essentiels", puis "L'heure du crime" (Pradel), puis les "Grosses têtes"). Le dimanche le "Grand jury" à 18h30, puis foot, puis jazz à 23h, Eric Jean-Jean à minuit puis rediffusions.

La musique classique est la grande absente de la grille, espérons qu'RTL comblera cette lacune et proposera une émission à Charlotte Latour, la nouvelle mélomane de la station.

Parmi les grandes voix non citées, on retiendra Louis Bodin, le monsieur météo d'RTL, Christine Haas, l'astrologue depuis 2001, Laurent Gerra qui régale les auditeurs chaque matin à 8h45 (rediffusion à 18h45), Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel, les incontournables éditorialistes politiques, le premier cuisinant son invité à 7h50, et le second ayant une chronique dans différents journaux. Et les auditeurs attachés aux voix familières peuvent toujours entendre aussi Bernard Glas et Christian Ménanteau.


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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Lun 5 Aoû 2013 - 5:56

Un vrai bonheur de relire tout cela. A vrai dire, les grands esprits doivent se rencontrer, j'ai ré-ouvert mon livre "40ans ensemble" ce matin même, toujours un délice de retracer cette histoire...... mais légèrement amer de voir que la station a dû mal à se renouveller .... c'est le premier été depuis des lustres que j'écoute bcp moins les programmes estivaux .... Merci à toi
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Titanium
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Lun 5 Aoû 2013 - 13:59

Merci pour cet historique, je me suis régalé, en tant que fan de RTL que je suis.

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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mar 6 Aoû 2013 - 5:28

Si c'est toi qui à écrit tout ça... ENORME ! Je te tire mon chapeau ! Plus complet que la page Wikipedia. Cool 

En passant, j'ai aussi de mon coté commencé le livre des 40 ans d'RTL, vraiment très intéressant. Moi qui m'intéresse beaucoup au passé des radios, celle-ci a eu une histoire vraiment fascinante.

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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mar 6 Aoû 2013 - 8:55

je ne suis pas franchement un fan de RTL, mais il faut bien avouer que, quand c'est bien raconté, c'est prenant !!

ah !, le plaisir que je prendrais à lire l'historique de toutes les radios si c'était aussi bien conté !!

merci beaucoup.
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mar 6 Aoû 2013 - 13:55

Merci pour vos commentaires, ça fait plaisir !
Oui, j'ai écrit tout ça en essayant de synthétiser ma documentation :
- le livre "40 ans ensemble"
- les almanachs "Radio-Luxembourg" 53 à 66
- les almanachs "RTL" 79 à 85
- le livre "Les années radio" de Jean-François Remonté (1989)
- les livres "Radio Luxembourg 1933-1993" et "RTL un média au coeur de l'Europe" de Denis Maréchal
- l'émission télévisée sur les coulisses d'RTL (1997)
- les grilles des programmes
- mes archives sonores depuis 1986
... et ma mémoire pour les 30 dernières années !
 
Ca m'a pris beaucoup de temps mais j'ai pris aussi beaucoup de plaisir à coordonner tout ça.
J'ai essayé de mettre ma nostalgie de côté pour être aussi objectif que possible.
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mer 7 Aoû 2013 - 13:16

Un vrai fan de RTL notre ami Wink 

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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mer 7 Aoû 2013 - 13:31

Purée c'est vraiment impressionnant ! je regrette d''avoir loupé tous ces grands moments qui ont rendu cette radio unique Embarassed trop jeune que j'étais pour ne pas m'y etre interessé en tout cas merci pour ce formidable exposé j'ai eu peur de la longueur mais j'ai tout lu en une fois litteralement happé par ton texte, quelle belle histoire elle a cette radio !!! Merci de nous avoir fait partager ta passion Very Happy
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Rayan 09
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MessageSujet: Merci   Ven 9 Aoû 2013 - 15:09

Merci pour cette histoire de Radio Luxembourg-RTL Very Happy je ne connaissait pas la période 1966-2000 attention tu vas de faire pomper par Wikipédia

Mais il y'a une petite erreur je pense que la Sofirad contrôlait Sud Radio et non Radio Andorre
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Sam 10 Aoû 2013 - 3:38

Merci à tous, ce que ça fait plaisir de lire des commentaires comme ça !
En ce qui concerne la SOFIRAD, elle avait bel et bien des parts dans Radio-Andorre en 1965, et ce depuis quatre ans. Sud-Radio ne semble être apparue que l'année suivante, et est effectivement entrée aussi dans le capital de la SOFIRAD, de même que RMC et Europe 1.
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Lennie
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Dim 11 Aoû 2013 - 13:47

Moi ce coup de rétroviseur sur RTL ça m'a rendu curieux etj'ai fais quelques recherches sur les nocturnes et la fameuse villa Louvigny où se déroulaient les nocturnes jusqu'en 2000 . On a eu de la chance que la nouvelle direction fasse revenir Georges Lang et son équipe meme si elle fut réduite .
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Lun 12 Aoû 2013 - 7:04

Cette émission de nuit fut créée par Georges Lang et Bernard Schu, et a pris le nom "les Nocturnes" le 22 mai 1973, à la place de l'éphémère appellation "Louvigny 1" (0h à 3h) et "Louvigny 2" (3h à 5h). En effet, la direction d'RTL à Paris ne souhaitait pas spécialement faire savoir que l'émission était animée du Grand-Duché. Alors que la direction à Luxembourg souhaitait maintenir 40 heures d'animation par semaine sur place pour préserver l'identité luxembourgeoise de la "maison", car de plus en plus d'émissions quittaient le Grand-Duché pour Paris.
C'est depuis le lancement de cette émission que le silence radio de 3h à 5h a été comblé, RTL n'émettant jusqu'alors que 22 heures sur 24.
L'équipe des "Nocturnes" s'est agrandie avec Jean-François Johann, Lionel Richebourg et Jean-Louis Baudoux.
Sam Bernett, Jean-Bernard Hebey et Dominique Farran ont été aussi les comparses de Georges Lang, notamment dans les émissions de W-RTL.
Depuis le départ de Jean-François Johann le 8 juillet dernier, Georges est le seul parmis les huit animateurs cités encore à l'antenne. Il est au micro d'RTL depuis novembre 1971 (il a alors tout juste 24 ans) et a eu la chance, pendant 40 ans, de diffuser uniquement les disques de son choix aux auditeurs de la nuit. Evincé à la mi-décembre 2000, il est de retour mi-janvier 2001, mais cette fois à Paris. Il présente également "Saga", une excellente émission consacrée à l'histoire d'un groupe anglo-saxon.
Espérons entendre encore longtemps la voix chaleureuse de ce sympathique messin !
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Jeu 15 Aoû 2013 - 4:36

AUJOURD'HUI JE VOUS PROPOSE UNE BIBLIOGRAPHIE SUR RADIO-LUXEMBOURG ET/OU RTL
 
PUBLICATIONS SUR LA STATION
 
- Almanachs Radio-Luxembourg 54 et 55, almanachs Radio/Télé Luxembourg 56 à 66 : toute la vie de la station avec de nombreuses photos (animateurs, émissions, technique, etc...)
 
- Almanachs RTL 79 et 81 à 85 (existe-t-il l'almanach 80 ? Impossible de le trouver). Idem que ci-dessus, 100% en couleurs.
 
- RTL 40 ans ensemble, Jean-Pierre Defrain et Jacques Boutelet (Calmann-Lévy 2006), 336 pages, 600 photos. Toute l'histoire d'RTL depuis 1966, thème par thème. Incontournable.
 
- 22 rue Bayard - mes années RTL, Roger Kreicher (Hachette-Carrere 1994), 242 pages, pas de photo. Entré à Luxembourg en 1947 comme ingénieur du son, Kreicher sera directeur des variétés de 1965 à 1985. Il nous livre ses souvenirs sur l'évolution de la station et sur les vedettes qui y sont passées. Intéressant.
 
- Radio Luxembourg 1933-1993 - un média au coeur de l'Europe, Denis Maréchal (Editions Serpenoise), 266 pages, pas de photo. L'histoire très détaillée de la station. Passionnant.
 
- RTL Histoire d'une radio populaire - de Radio Luxembourg à RTL.fr, Denis Maréchal (Nouveau Monde 2010), 583 pages, pas de photo. L'édition complétée et actualisée de l'ouvrage précédent.
 
- Radio-Luxembourg - histoire d'un média privé d'envergure européenne, David Dominguez-Müller (L'Harmattan 2007), 266 pages. Je ne le possède pas encore.
 
- 50 ans RTL (hors-série d'un magazine de 1980 que je n'ai pas identifié). Je ne le possède pas encore.
 
 
PUBLICATIONS SUR LA RADIO EN GENERAL
 
- La radio - rendez-vous sur les ondes, Antoine Sabbagh (Découvertes Gallimard n°234, 1995), 128 pages et nombreuses photos. Petit format mais assez complet sur l'histoire de la radio.
 
- La radio - reflets du XXe siècle, Jean-Claude Demory (Du May-Parenthèse 2007), 96 pages et nombreuses photos. L'histoire de la radio des origines aux années 50.
 
- Les années radio 1949-1989, Jean-François Remonté (L'Arpenteur 1989), 160 pages, photos N&B. L'évolution des programmes radio, avec la description de très nombreuses émissions. Un très bon livre plaisant à lire.
 
 
DIVERS
 
Enfin de nombreux animateurs, journalistes et cadres de la station ont publié leurs souvenirs, parmis lesquels Zappy Max, Jean Nohain, Louis Merlin, Geneviève Tabouis, Jean Grandmougin, Jean Ferniot, Jacques Chapus, Maurice Favières, Philippe Bouvard, Ménie Grégoire, Fabrice, Jacques Rigaud, etc...
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Lobo
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MessageSujet: mémoires   Jeu 31 Oct 2013 - 8:17

Je signale également la parution chez l'Harmattan, des mémoires de Michel Ferry, ancien rédacteur en chef de Radio Luxembourg, sous le titre "Les grandes ondes, mémoires d'un homme de radio", avec une préface fournie et passionnante de Christopher Todd.
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RTL 80-95
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mar 21 Oct 2014 - 15:14

J'ai réédité mon long historique en ajoutant un chapitre (RTL aujourd'hui) que je mettrai à jour à chaque rentrée.
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phil21
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Mer 22 Oct 2014 - 14:03

Merci pour ton travail ;-)
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MessageSujet: Re: Histoire de Radio Luxembourg et d'RTL   Aujourd'hui à 17:46

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